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Analyse des résultats du 1er tour des Présidentielles

publié le 1 mai 2017 à 07:10 par Villenoy Avenir
Une fois n’est pas coutume, les instituts de sondage n’ont pas tapé à côté de la plaque. A leur décharge, lorsqu’ils sont démentis, les sondés ont-ils bien dit ce qu’ils feraient ? Le savaient-ils vraiment eux-mêmes ? Dans l’isoloir, au dernier moment, n’ont-ils pas changé leur vote ?

Le match à quatre a donc bien eu lieu. Au final, Marine Le Pen, qui a fait la course en tête dans tous les sondages ou presque, est, hélas, qualifiée pour le second tour. En face d’elle, le petit « jeunot » de la classe. Fillon s’est pris la « veste » annoncée et Mélenchon, malgré une belle campagne et un réel succès n’est pas parvenu à éjecter de la finale l’un des deux favoris annoncés.

Ce scrutin restera dans l’histoire, du fait de l’absence des deux « historiques », PS d’un côté, qui a fait naufrage, la droite républicaine de l’autre qui paye au prix fort les « affaires » de son champion.

Sans doute rien de grave pour cette dernière, un simple accident de parcours uniquement due à l’obstination de Fillon de se maintenir coûte que coûte, en dépit de ses « casseroles ».

Beaucoup plus fondamental pour le parti socialiste qui sort laminé d’une trentaine d’années de pouvoir à tour de rôle en ayant perdu son âme, notamment au cours du quinquennat qui se termine avec les dissensions de plus en plus fortes entre les tenants d’une social démocratie et ceux d’un jacobinisme à l’allure « révolutionnaire » plus affichée.

Curieux retournement de l’histoire, le score du candidat issu des primaires de la gauche, c’est en quelque sorte, les frondeurs frondés, l’espace qu’ils pensaient pouvoir occuper ayant été monopolisé par Mélenchon l’insoumis. Quant aux battus de la primaire, ils ont très majoritairement déserté l’appareil, soit par revanche, soit par stratégie, convaincus que c’était le seul moyen d’éviter un second tour le Pen - Fillon ou Le Pen - Mélenchon (seul cas de figure où le FN aurait eu les portes de l’Elysée sinon grandes ouvertes, du moins largement accessibles). Ils ont donc rallié Macron pour lui assurer d’être présent au second tour, ce qui devrait aussi lui assurer la victoire.

En tous les cas, les sondages le prédisent. Mais attention à ne pas se laisser endormir et conduire celles et ceux qui ont voté Macron, non par conviction, mais au nom du vote utile, à se dire qu’ils peuvent aller à la pêche le 7 mai.

D’une part, l’étrange absence de Mélenchon, peu enclin à appeler sinon à voter pour Macron, au moins à voter contre Le Pen, est de nature à semer le doute dans son électorat, même si, aux dires des sondages (mais avant que Mélenchon n’ait pas donné de consigne de vote), 60 % de ses électeurs, peu suspects d’être macronistes pourtant, voteront Macron pour barrer la route à Marine Le Pen. D’ailleurs, cette dernière ne s’y est pas trompée et ne manque pas de lui faire des ronds de jambe.

D’autre part, depuis le soir du 1 er tour, une campagne venant souvent de partisans de Fillon, à l’encontre des consignes de vote de la plupart des ténors des Républicains, tend à opposer les « élites » dont Macron serait le représentant, aux classes populaires. Bref, message subliminal et a contrario, puisque Macron n’est pas le bon cheval pour elles, il reste qui ?.... On voudrait rouler pour la « Marine », on ne s’y prendrait pas différemment. 

De dangereux apprentis sorciers, au risque de mettre au pouvoir le Front National, ou alors des poissons-pilotes en sous-main, comptant sur le fait qu’ils ne soient pas officiellement estampillés FN pour mieux tromper leur monde et parvenir à leur fin, faire triompher l’extrême droite.

Pour notre part, il est clair que nous n’avons pas d’état d’âme : Macron sceptique ou Macron partisan, peu importe, ce qui compte c’est de ne pas prendre le risque de laisser le champ libre aux thèses d’exclusion dont le FN est le chantre. Nous appelons tous les démocrates, de droite comme de gauche ou du centre, à voter le 7 mai et à voter Macron.

Un mot sur les résultats locaux du 21 avril. Notons que dans la ville de Copé, Fillon s’est pris une plus belle veste qu’au plan national : 3017 voix et 15,42 %, en 4 ème position. Et ici, Mélenchon arrive en tête avec 5 058 voix (25,86 %) devant Macron (4 514 vois, 23,08 %) et Le Pen (4 117 voix, 21,05 %). De quoi interpeller (et inquiéter) le maire LR …..

Quant à Villenoy, nous avons le triste « privilège » d’avoir placé Marine Le Pen en tête (581 voix, 25,90 %). Suivent Macron (535 voix, 23,85 %), Mélenchon (507 voix, 22,60 %) et Fillon (274 voix, 12,22 %).
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