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UNE AFFAIRE RONDEMENT MENEE !…..

publié le 16 oct. 2017 à 22:03 par Villenoy Avenir

Le 10 octobre, un habitant de Villenoy nous alerte en nous signalant des intrusions sur le site choisi par Terzéo pour son projet de recyclage de déchets toxiques. Le policier municipal  confirme d’ailleurs l’installation de 4 caravanes et d’un baraquement depuis le vendredi. La mairie en a informé les propriétaires des terrains pour qu’ils déposent plainte. 

Nous n’allons pas mentir, un instant l’idée nous a traversé que nous pouvions avoir là des « alliés » de circonstance, cette « occupation » pouvant « contrarier » les projets de cette décharge.

Mais nous avons aussi tous à l’esprit le camp illicite qui s’est éternisé durant 10 longs mois à Isles-les-Villenoy, avec au terme de cette occupation, 400 000 € de frais pour la remise en état des lieux, selon les informations que nous avons reçues.

Nous avons aussi imaginé comment Terzéo pourrait être tenté de retourner la situation à son avantage : « vous voyez, si le site était en exploitation, il n’y aurait pas eu d’intrusion » …. 

Nous n’avons donc pas hésité à activer tous les réseaux possibles et imaginables pour stopper ce qui se tramait et éviter une occupation pouvant s’éterniser. Ainsi, nous avons avisé localement notre partenaire formant le second groupe d’opposition municipal, tant au travers du collectif villenoyen que nous avons créé ensemble que de nos deux groupes municipaux, et décidé de rencontrer le maire pour le sensibiliser sur l’urgence d’agir avant que cela ne prenne des proportions incontrôlables.

Nous avons aussi informé l’association M.A.R.N.E., émanation du collectif du pays de Meaux, laquelle est intervenue tant auprès de la CAPM que de la police nationale et a pris attache auprès de la presse locale.

Le 13 octobre, ce même habitant de Villenoy nous ayant alerté trois jours plus tôt, nous signale que la veille seraient allés sur le site deux camions Clamens, apparemment chargés de rochers. Il nous vient à l’esprit qu’ils aient pu avertir les occupants que s’ils ne « déguerpissaient » pas, ils seraient alors bloqués sur place. 

Les choses se sont accélérées, puisqu’en fin de matinée, il nous est alors signalé que les forces de l’ordre sont sur place, ainsi que des pelleteuses.

Nous nous rendons aussitôt sur place pour constater qu’un poids lourd prévu pour le transport de ces engins stationnait devant l’allée conduisant au site et était vide. Nul doute que ces engins des travaux publics n’étaient pas là par hasard…

Au loin, un large nuage de fumées âcres, peut-être toxiques, s’élevait dans le ciel, ponctué de déflagrations.

Dans la foulée, nous apprenions par le maire que les forces de l’ordre avaient procédé à l’évacuation, opération facilitée par le fait que les lieux avaient été désertés. Affaire terminée !

Nous nous félicitons évidemment de ce dénouement. Il nous inspire néanmoins une réflexion sur l’inégalité de traitement selon que vous êtes « puissant » ou non.

Comment en effet ne pas comparer la résolution quasi immédiate de l’occupation du site Terzéo avec l’éternité qu’il a fallu pour venir à bout du camp d’Isles-les-Villenoy ?

Mettez-vous à la place de ses habitants, ne seriez-vous pas amers de constater que tout a été mis en œuvre par les pouvoirs publics pour libérer le site Terzéo alors qu’il leur a fallu vivre dix longs mois avec une occupation illicite, ravageuse et polluante ?

Pourquoi cette différence de traitement ? Parce que d’un côté, les pouvoirs publics ont sorti l’artillerie lourde pour plaire aux desiderata d’une Société qu’ils cajolent, à laquelle ils s’apprêtent peut-être à donner une autorisation d’exploitation contestée par toute une région, population et élus confondus, alors que de l’autre côté, ils n’avaient à faire qu’à de « simples » quidams, à Monsieur et Madame tout-le-monde …..

C’est à juste titre qu’ils ont le sentiment d’avoir été pris pour des gueux, les temps anciens ne sont pas encore révolus …..

Cela pose aussi la question de l’accueil des gens du voyage dans des aires dédiées, comme le prévoit la loi Besson de 2000. Loi à laquelle continue pourtant de se soustraire la plupart des communes et des collectivités locales.

Sujet sur lequel s’est prononcé le « collectif villenoyen  en colère », qui a d’ailleurs interpelé récemment la CAPM et lui a proposé de réfléchir à retenir le site de l’ex-sucrerie de Villenoy pour y créer une aire d’accueil conforme aux textes de loi, qui aurait l’avantage de donner une solution au problème des campements illicites.

Cette projection remplacerait avantageusement, à notre sens, le projet de reconversion de ce site pour lequel les protagonistes se sont cantonnés à la seule proposition qui compte à leurs yeux : le projet Terzéo.

Car, que l’on ne s’y trompe pas, même si le Préfet a prolongé la durée de l’enquête publique jusqu’à fin novembre et que l’on n’en entend plus trop parler, en coulisse, il continue de croître et embellir, les acteurs du BTP jouant de leur capacité de lobbying auprès de pouvoirs publics, par ailleurs à l’évidence acquis à leur cause, pour avancer leurs pions.

Ne nous laissons pas endormir par ce calme avant la tempête. Avec l’association M.A.R.N.E. qui prépare une action dans les semaines à venir, il nous faut être prêts à une démonstration de force de la population et de ses représentants, élus et associatifs, pour dire au Préfet qu’il doit dire NON, combat qui s'est enrichi d'un but tout aussi fédérateur : parvenir à ce que ce site soit dépollué, et pas pour y mettre une nouvelle pollution !
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